Paul Lacombe : du Pôle Espoirs à la SIG

Peux-tu nous parler de ton parcours basket lorsque tu étais jeune, avant le début de ta carrière à l’ASVEL ?
J’ai débuté à Vénissieux d’où je suis originaire. Mes parents étaient du club donc j’ai commencé assez jeune là bas. J’y suis resté de 4 à 11 ans puis j’ai rejoint l’ASVEL.

Quel rôle le Pôle Espoirs a-t-il joué dans ta formation de basketteur ?
Je suis rentré au Pôle Espoirs en Minimes 1ère année, j’avais 13 ans. En Benjamins j’étais à l’ASVEL mais j’ai décidé de rejoindre Vaulx-en-Velin qui avait une équipe en Minimes France et en même temps je suis rentré au Pôle Espoirs. Là-bas, on t’apprend l’exigence car tu t’entraînes tous les jours, ça te donne une idée du haut niveau même si on a que 13 ans et on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. J’ai le souvenir que nous étions une trentaine au départ au Pôle Espoirs pour au final être seulement trois/quatre joueurs professionnels. Pour ma part c’était vraiment très intéressant car il fallait être au top tous les jours, alterner entre basket et école, ce n’était pas évident. J’étais en internat, ce fut une superbe aventure humaine, unique, vraiment quelque chose à vivre. A chaque fois que je recroise des joueurs du Pôle Espoirs, ça rappelle toujours des bons souvenirs.

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Crédit photo : ASVEL

Tu étais avec Antoine Diot et Edwin Jackson lors de leur dernière année au Pôle Espoirs. Quels souvenirs en gardes-tu ?
On avait de supers relations. J’ai côtoyé Edwin à l’ASVEL pendant plusieurs saisons et maintenant je suis avec Antoine à la SIG. C’est vraiment des amis. Ça m’a fait plaisir quand j’ai signé à la SIG de savoir que j’allais retrouver Antoine. On en parlait encore dernièrement de nos années au Pôle Espoirs. A l’époque, on savait qu’Antoine et Edwin allaient sortir pros, déjà en Minimes ils sortaient du lot, ils étaient au-dessus des autres. Pour Antoine je me souviens qu’il partait avec les Cadets, alors qu’il était encore Minime, pour disputer des compétitions internationales avec l’Equipe de France. C’était des bosseurs acharnés. Pour ma part ça a été plus long, il a fallu que je bosse davantage pour parvenir au haut niveau. Je n’étais pas le plus fort, je ne sortais pas du lot. Même si on ne décèle pas en toi le potentiel pour devenir professionnel en Minimes, ça ne veut pas dire que ton avenir est négatif et et que tu ne vas pas percer.

La semaine prochaine se déroule le Tournoi Inter Comités. Antoine Diot nous avait expliqué qu’il était toujours très compliqué de jouer contre le Rhône (lire Basketly’Mag n°10), dont tu faisais partie.
Antoine a dit ça ? (rires) J’ai le souvenir qu’on gagnait tout assez facilement. Le Rhône avait une école de basket plus performante à l’époque que les deux autres comités je pense. C’est vrai que le Rhône est avantagé du fait qu’il y a toujours eu plus de licenciés que dans l’Ain ou la Loire. Au-delà de ça, on avait vraiment une bonne équipe en Benjamins, je me souviens comme si c’était hier de notre titre de Champion de France avec le Rhône. J’ai eu la chance de faire partie de cette équipe.

A la différence d’Antoine et d’Edwin, tu n’es pas passé par l’INSEP. Est-ce que tu penses que cela a eu un impact sur ta carrière professionnelle ?
J’ai eu la chance d’être à l’ASVEL et de rencontrer des coachs qui m’ont donné ma chance. Mon parcours est dû au travail mais aussi à la chance. Jusque là, l’ASVEL avait des équipes cadettes très fortes mais le club était en phase de transition lors de mon arrivée.  Ils étaient entrain de construire le centre de formation, faire venir des joueurs de partout.  La première année, l’équipe cadette était assez faible. J’en ai profité  pour jouer avec les Cadets France avant de monter avec les Espoirs la deuxième année. Les coachs m’ont donné ma chance que j’ai su saisir. En plus de ça, j’ai eu la chance d’être avec Vincent Collet qui a su me faire progresser et travailler comme jamais.

Tu es champion de France avec ton club formateur l’ASVEL en 2009 et champion d’Europe avec l’Equipe de France des 20 ans en 2010. Quel début de carrière !
C’était fabuleux ! C’était les bonnes années avec Vincent Collet, là où j’ai le plus progressé. En 2009, c’était mes premiers pas avec l’équipe première, l’apprentissage du monde professionnel. En 2010 j’ai commencé à avoir du temps de jeu et je jouais en parallèle avec les Espoirs où nous avons d’ailleurs gagné le Trophée du Futur avec Jérôme Sanchez qui était au Pôle Espoirs avec moi. Dans la foulée on remporte le titre de Champion d’Europe, certainement le moment où j’ai pratiqué mon meilleur basket. Après ça m’a peut être un peu desservi et j’ai cravaché davantage avec l’ASVEL.

Parlons de tes années à l’ASVEL justement. Sur les 5 saisons tu jouais 12-13mn par match. Est ce que tu étais satisfait de ton temps de jeu et de ton rôle de l’équipe ?
Au début je ne jouais pas trop, c’était dur à accepter par moments mais j’étais encore jeune donc j’avais pas grand chose à dire. Ensuite j’ai évolué, mais ça n’a pas été franchement évident à gérer. Finalement c’est pour ça que je suis parti pour arriver à Strasbourg l’année dernière, faire une bonne saison et arriver en finale du championnat.

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Photo archives DNA – Cédric Joubert

Depuis que tu as signé à la SIG, ton temps de jeu a augmenté et tu occupes un rôle plus important dans le roster. Comment expliques-tu ce changement ?
Quand je suis arrivé à l’ASVEL, je ne faisais plus forcément d’effort. Comme je ne jouais pas énormément, je pointais du doigt les autres au lieu de me recentrer sur moi et d’essayer de comprendre ce que je devais améliorer. J’étais dans une situation de suffisance, je pensais que c’était acquis alors qu’en réalité rien n’est jamais acquis. En arrivant à Strasbourg j’ai recommencé à zéro, et ça m’a fait du bien parce que je me suis dit que j’avais beaucoup de choses à prouver. Surtout, ce qui n’est pas négligeable c’est qu’avec Vincent Collet j’ai eu la confiance d’un coach tout de suite, ce qui était plus compliqué à l’ASVEL.

Vincent Collet te coachait à l’ASVEL et tu le retrouves à Strasbourg depuis l’année dernière. Quel rôle a t-il joué dans ta progression ?
Nous nous apprécions mutuellement, et il continue à me faire progresser. Je n’apprendrai rien à personne en disant que c’est un sacré coach (rires), et c’est une chance de le côtoyer tous les jours.

Comment entrevois-tu ton avenir ?
J’arrive en fin de contrat avec la SIG en fin de saison. A l’avenir j’aimerais bien tenter ma chance à l’étranger. Où, je ne sais pas exactement, c’est encore un projet. Sinon pourquoi pas continuer à la SIG parce que c’est le club qui m’a donné l’opportunité d’avancer, de m’exprimer, et puis je suis extrêmement bien ici dans cette ville.

Tu avais tenté ta chance à la draft NBA en 2012 sans succès. As-tu prévu de réessayer ?
Pas du tout, parce qu’au départ la draft je n’y croyais pas et je n’y pensais même pas. J’avais fait une saison en demi teinte et ça avait été compliqué, mais j’avais eu l’opportunité de faire le camp de Trévise, je m’étais très bien exprimé là bas et ça m’avait ouvert l’opportunité de tenter ma chance avec la NBA en faisant des workout avec différentes équipes NBA. Le fait que j’y aille aussi sans vraie conviction ça m’avait permis d’être totalement libéré et de produire un bon basket. D’ailleurs j’avais failli accrocher une place au deuxième tour. Après c’était en 2012, aujourd’hui je n’y pense plus. Si un jour j’ai l’opportunité d’y aller, j’irai, mais je me vois davantage dans un club européen, pouvoir jouer une coupe d’Europe et pourquoi pas l’Euroleague.

Quel rôle vises-tu au sein de ta future équipe ?
Je ne veux pas partir dans un club uniquement pour le prestige. Si ce n’est pas possible de jouer, que je n’ai pas le niveau, je resterai là où mes services seront appréciés et utilisés. Mon but si je pars ce serait d’avoir un vrai rôle dans une équipe importante.

Tu ne penses pas que certaines grandes écoles européennes peuvent t’apporter un plus, quitte à ne pas beaucoup jouer au départ ? On pense à Joffrey Lauvergne qui a connu une marge de progression énorme depuis son arrivée au Partizan Belgrade.
Si, bien sûr, c’est aussi pour ça que j’aimerais avoir l’opportunité de jouer autre part qu’en France. Ici c’est un championnat atypique : beaucoup de joueurs européens n’ont jamais réussi à s’exprimer en France et il y a aussi beaucoup de grands joueurs français qui n’ont jamais réussi à l’étranger. Alors pourquoi pas, quand on voit Lauvergne et la progression qu’il a eue, le monstre qu’il est aujourd’hui, ça donne envie. Est-ce que ma place est en France et pas ailleurs ? Ça fait partie des questions qu’on se pose mais auxquelles on ne peut pas répondre tant qu’on ne l’a pas vécu. Dans tous les cas je ne précipite rien, je sais rester à ma place et je ne veux pas griller les étapes.

paul lacombeL’équipe de France, c’est un objectif pour toi ?
Bien sur ! Mais c’est quand même encore assez loin pour moi, quand on voit l’équipe actuelle et ceux qui ont un bon niveau mais qui ne sont pas sélectionnés. C’est plus un rêve qu’un objectif.

Si tu devais donner un conseil aux jeunes basketteurs ?
Ne jamais lâcher ! Mon parcours peut sembler facile mais ça n’a pas été le cas. En Minimes par exemple, lors des sélections « Région »,  je n’avais pas été retenu pour rejoindre la sélection, on m’avait dit que certains joueurs étaient plus forts que moi. Ce fut un véritable coup dur quand on a 15-16 ans, on pense que c’est fini. Mais derrière j’ai su rebondir, enchaîner en continuant à bosser pour devenir pro. Aujourd’hui j’ai la chance de vivre de ce que j’aime le plus. Je n’ai jamais lâché donc c’est le conseil que je donnerais aux jeunes basketteurs et basketteuses. Il faut aussi savoir s’appuyer sur son entourage pour progresser et garder les pieds sur terre. J’en profite d’ailleurs pour saluer mes amis de Vénissieux sur qui j’ai toujours pu compter.

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